Canada : L’OCDE voit la récession évitée, guerre commerciale pèse

Selon le dernier rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’économie canadienne pourrait échapper de justesse à une récession technique cette année. Cependant, les perspectives restent difficiles, la guerre commerciale en cours avec les États-Unis devant peser sur les perspectives de croissance et le marché de l’emploi.

Voici les principaux points à retenir du rapport :

  • L’économie canadienne devrait connaître une croissance lente, évitant probablement une récession technique.
  • La guerre commerciale avec les États-Unis constitue un obstacle majeur qui affecte le PIB et l’emploi.
  • Le chômage devrait augmenter au cours des deux prochaines années.
  • Le Canada est à la traîne par rapport à ses pairs en matière de PIB par habitant, en partie à cause de problèmes de productivité malgré la croissance démographique.
  • L’élimination des barrières commerciales interprovinciales pourrait stimuler la productivité et compenser les pressions externes.

Prévisions de croissance et surveillance de la récession au Canada

L’étude économique de l’OCDE prévoit que le Canada connaîtra une croissance économique de un pour cent en 2025. Cependant, cela inclut une contraction prévue (croissance négative) au deuxième trimestre, suivie d’une croissance nulle (zé ro pour cent) aux troisième et quatrième trimestres.

Cette prévision est cruciale car une récession technique est communément définie comme deux trimestres consécutifs de contraction économique. La prédiction de l’OCDE suggère que le Canada pourrait éviter cette définition de justesse. Cela contraste avec d’autres prévisions, comme celles des économistes du Groupe Banque TD qui ont prédit une croissance négative aux deuxième et troisième trimestres, bien qu’ils notent que la gravité dépend des actions gouvernementales futures.

Impact de la guerre commerciale sur le PIB et l’emploi

Un facteur majeur identifié par l’OCDE est l’impact de la guerre commerciale avec les États-Unis et des tarifs associés. Le rapport indique que ces pressions externes devraient freiner le Produit intérieur brut (PIB) global du Canada. Le PIB est une mesure clé représentant la valeur totale des biens et services produits dans le pays.

Pour contrer ces impacts négatifs, l’OCDE suggère de stimuler le développement des entreprises au Canada. Cela pourrait aider à créer de l’activité économique intérieure pour compenser une partie de la tension causée par les différends commerciaux internationaux.

Les effets de la guerre commerciale se font également sentir sur le marché du travail. L’OCDE prévoit que le chômage augmentera pour atteindre 7,1 % cette année et davantage à 7,3 % en 2026, anticipant la poursuite des pertes d’emplois liées aux tensions commerciales et aux tarifs.

Cela correspond aux données récentes. Le rapport le plus récent de Statistique Canada a montré que le taux de chômage au Canada a augmenté à 6,9 % en avril, contre 6,7 % en mars. La prévision de l’OCDE indique que cette tendance pourrait persister.

Défis de la productivité et du PIB par habitant

Le rapport souligne que le Canada est toujours à la traîne par rapport à ses pairs, en particulier les États-Unis, en matière de PIB par habitant. Cette mesure divise la production économique totale par la population, donnant une idée de la prospérité économique moyenne. Bien que le Canada se soit bien rétabli après la pandémie, l’OCDE note qu’il n’a pas suivi le rythme.

Un facteur contributif cité est le taux élevé récent de croissance démographique au Canada sans augmentation correspondante des investissements améliorant la productivité. Le rapport suggère que si une population croissante stimule l’offre de main-d’œuvre, un manque d’investissements correspondants signifie que la production globale par personne n’augmente pas de manière significative. Il note également qu’une productivité plus faible chez les immigrants récents, en particulier les résidents non permanents peu qualifiés, peut contribuer à une croissance plus lente du PIB par habitant.

Recommandations politiques et solutions potentielles

L’OCDE recommande plusieurs façons dont le Canada peut accroître la productivité et renforcer son économie de l’intérieur. Une suggestion clé est l’élimination des barrières commerciales interprovinciales. Le rapport soutient que l’élimination de ces obstacles internes permettrait aux entreprises canadiennes de profiter de marchés intérieurs plus vastes, réduisant la dépendance aux exportations et compensant potentiellement les impacts négatifs des différends commerciaux avec d’autres pays.

Mark Carney rencontrant des délégués américains à Ottawa concernant les affaires économiques et commercialesMark Carney rencontrant des délégués américains à Ottawa concernant les affaires économiques et commerciales

Cela correspond aux objectifs politiques discutés par le gouvernement canadien. Par exemple, Mark Carney a abordé ce sujet lors de sa campagne dans le cadre de l’initiative libérale « Une économie canadienne », et Dominic LeBlanc a été nommé pour diriger les négociations avec les provinces sur cette question.

Le rapport de l’OCDE suggère que si les pressions commerciales incitent le Canada à aborder des « problèmes structurels de longue date, tels que le renforcement des marchés intérieurs », cela « pourrait avoir des effets compensatoires positifs durables ».

Et ensuite ?

Bien qu’une récession puisse être évitée, le rapport de l’OCDE pointe vers une période de croissance lente et de défis pour le marché du travail au Canada, significativement influencée par des facteurs commerciaux externes. Stimuler la productivité intérieure et éliminer les barrières commerciales internes sont soulignés comme des étapes cruciales pour renforcer la résilience économique.

Les investisseurs et le public obtiendront la prochaine mise à jour majeure sur la santé économique du pays le 30 mai, lorsque Statistique Canada publiera les données sur le PIB pour mars et l’ensemble du premier trimestre. Ce rapport fournira plus d’informations pour savoir si l’économie a subi la contraction prévue par l’OCDE.