Le marché des emplois d’été pour les étudiants au Canada fait face aux conditions les plus difficiles depuis plus d’une décennie, incitant le gouvernement fédéral à élargir son programme de soutien alors que les économistes mettent en garde contre des problèmes plus profonds dans le marché du travail global. Environ un étudiant sur cinq âgé de 15 à 24 ans retournant aux études cet automne était au chômage en mai, un niveau jamais vu en dehors de la pandémie depuis mai 2009.
Contenu
Points Clés :
- Le chômage étudiant a atteint environ 20 % en mai, son taux le plus élevé en dehors des années de pandémie depuis 2009.
- Le gouvernement fédéral ajoute 6 000 emplois subventionnés au programme Emplois d’été Canada, portant le total à 76 000.
- Les experts lient la faiblesse du marché étudiant aux tendances plus larges du marché du travail national, y compris une hausse du chômage global et de faibles taux de postes vacants.
- Des facteurs comme un ralentissement des changements d’emploi et la croissance démographique récente pourraient également contribuer à l’environnement difficile pour les jeunes chercheurs d’emploi.
Un tableau difficile pour les jeunes chercheurs d’emploi
Selon le rapport de mai sur l’emploi de Statistique Canada, le taux de chômage pour les étudiants retournant aux études a grimpé de manière significative. Cela marque une tendance à la hausse chaque mois de mai depuis 2022, où le taux n’était qu’un peu plus de 10 %. La situation actuelle souligne un changement notable par rapport aux années récentes où un marché du travail plus serré offrait plus d’opportunités aux jeunes.
Ce chiffre élevé du chômage chez les jeunes suggère une difficulté croissante pour les étudiants qui essaient d’acquérir une expérience de travail précieuse et de gagner de l’argent pour leurs études.
Le gouvernement répond en élargissant le programme
En réponse aux données difficiles, le gouvernement fédéral a annoncé un élargissement du programme Emplois d’été Canada. Cette initiative fournit des subventions salariales aux entreprises et organisations qui embauchent des jeunes pour des postes saisonniers.
Ottawa prévoit d’ajouter 6 000 emplois subventionnés au programme, augmentant la cible totale à 76 000 postes cet été. Cet élargissement est financé par 25 millions de dollars canadiens en fonds internes réalloués d’Emploi et Développement social Canada, le ministère qui administre le programme. La ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, a déclaré que l’augmentation de la cible vise à « répondre aux besoins urgents que les jeunes ressentent sur le marché du travail ».
La faiblesse économique générale affecte les jeunes
Bien que les programmes ciblés aident, les économistes soutiennent que les difficultés rencontrées par les étudiants sont des symptômes de tendances plus larges au sein du marché du travail canadien. Brendon Bernard, économiste principal chez Indeed, note que la faiblesse est « liée à des tendances économiques plus larges » et que les politiques ciblées pour les jeunes n’abordent qu’un aspect du problème.
Le taux de chômage global du Canada a également augmenté, atteignant sept pour cent en mai. Cet assouplissement général indique qu’il devient plus difficile de trouver du travail dans tous les groupes d’âge, mais certains facteurs pourraient affecter de manière disproportionnée les jeunes travailleurs. Bernard souligne les pertes d’emplois récentes dans des secteurs comme la fabrication, potentiellement liées aux dynamiques commerciales, ce qui peut limiter les opportunités de niveau d’entrée que les jeunes poursuivent typiquement. Cela pourrait pousser plus de jeunes à se faire concurrence pour moins d’emplois dans d’autres domaines.
Faible demande des employeurs
Une preuve supplémentaire d’un marché du travail moins dynamique provient du taux national de postes vacants, qui s’élevait à trois pour cent en mars. Un faible taux de postes vacants suggère que les employeurs embauchent moins ou trouvent plus facile de pourvoir les postes ouverts, indiquant une demande réduite de main-d’œuvre par rapport aux périodes précédentes.
La demande pour le programme Emplois d’été Canada lui-même montre également une baisse cette année. Les données d’EDSC indiquent que pendant la période de candidature, le ministère a reçu des demandes de financement pour 225 766 emplois provenant de 44 821 candidatures. C’est moins de candidatures (environ 2 000 de moins) et moins d’emplois demandés (près de 9 000 de moins) que pour chacune des deux années précédentes, suggérant que les employeurs recherchent moins de subventions pour les embauches de jeunes.
Graphique de Statistique Canada sur le marché du travail et le taux de chômage au Canada
Bernard note que le chômage des jeunes est actuellement plus élevé qu’en 2019, la dernière fois que le taux national de postes vacants était aussi bas. Cela implique que le ralentissement du marché du travail s’accumule de manière plus significative chez les jeunes travailleurs par rapport aux groupes démographiques plus âgés.
Pourquoi les jeunes travailleurs sont-ils plus touchés ?
Plusieurs facteurs pourraient expliquer pourquoi le marché du travail des jeunes est confronté à une pression particulière. La croissance démographique substantielle récente au Canada a introduit de nombreux nouveaux travailleurs, y compris des jeunes, augmentant la concurrence pour les emplois disponibles.
De plus, Bernard souligne un ralentissement des « changements d’emploi » chez les travailleurs plus âgés. Le taux de changements d’emploi en mai était de 0,46 %, significativement plus bas qu’en 2019. Dans un marché solide, une plus grande mobilité de l’emploi permet aux travailleurs expérimentés de gravir les échelons, créant des ouvertures dans les postes de niveau d’entrée pour les jeunes. Une mobilité plus lente crée un « embouteillage » qui bloque les points d’entrée pour les jeunes.
Perspectives et implications
Bien que l’élargissement du programme Emplois d’été Canada soit un pas positif, les économistes suggèrent que son impact sera limité car les défis fondamentaux auxquels l’emploi des jeunes est confronté sont liés à ces dynamiques plus larges du marché du travail. L’adresse efficace du chômage étudiant élevé nécessite probablement des améliorations à l’échelle de l’économie entière, et pas seulement des programmes ciblés pour les jeunes.
Comme l’a reconnu la ministre Hajdu, les programmes gouvernementaux « ne peuvent pas tout faire seuls », soulignant le rôle crucial que jouent les employeurs, les leaders communautaires et les organisations dans la création d’opportunités pour les jeunes. Le taux de chômage élevé actuel chez les étudiants sert d’indicateur précoce potentiel d’une faiblesse sous-jacente dans le marché du travail canadien plus large, justifiant une surveillance étroite des tendances économiques et de leur impact sur les différents groupes de travailleurs.