Le taux de chômage en Ontario a augmenté de manière significative en mai, atteignant 7,9 % – un niveau largement inédit en dehors des grandes crises économiques comme la crise financière mondiale ou la pandémie. Un nouveau rapport de BMO souligne que cette hausse significative du chômage en Ontario est actuellement alimentée par un excès de travailleurs entrant sur le marché du travail, mais des signes indiquent des difficultés potentielles à venir en raison du ralentissement de la demande d’emplois.
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Le taux de chômage de l’Ontario atteint des niveaux inédits depuis les crises passées
Le taux de chômage de 7,9 % enregistré en mai marque une hausse notable pour le marché du travail de l’Ontario. Selon BMO, ce chiffre n’a pas été atteint dans l’histoire récente, sauf pendant le creux de la crise financière mondiale de 2008-2009 et le pic de la pandémie de COVID-19 en 2020. L’écart entre le taux de l’Ontario et la moyenne nationale s’élargit également, atteignant 0,9 point de pourcentage, une disparité rarement observée en dehors de ces mêmes périodes de crise.
Graphique BMO illustrant les taux de chômage de l'Ontario et du Canada, soulignant la forte hausse de l'Ontario à 7,9 % en mai 2025 et l'écart croissant avec la moyenne nationale.
Robert Kavcic, économiste principal chez BMO, attribue une grande partie de cette récente augmentation à une offre excessive de main-d’œuvre par rapport au nombre d’emplois disponibles dans la province.
L’offre excédentaire de main-d’œuvre stimule le taux de chômage de l’Ontario
Contrairement aux tendances typiques de récession, la hausse du chômage en Ontario n’a pas été principalement causée par des pertes d’emplois généralisées. Au lieu de cela, le problème fondamental a été le rythme rapide de croissance de la main-d’œuvre de la province. Le Canada dans son ensemble a vu sa main-d’œuvre augmenter beaucoup plus rapidement que la création d’emplois, une tendance particulièrement prononcée en Ontario en raison de son rôle de destination majeure pour les nouveaux résidents.
Comme expliqué précédemment, la hausse du chômage au Canada est due à sa croissance démographique agressive, et non à des pertes d’emplois. Robert Kavcic de BMO note que « La cause de la hausse du taux de chômage de l’Ontario depuis la fin de 2022 est presque entièrement du côté de l’offre. » Il souligne que la croissance de la main-d’œuvre a dépassé à un moment donné un rythme rapide de 4 % sur un an, un taux qui serait difficile à absorber même pour un marché du travail robuste. L’afflux de résidents non permanents, y compris les étudiants étrangers et les travailleurs étrangers temporaires, contribue également à cette main-d’œuvre croissante.
La prochaine inquiétude : le ralentissement de la création d’emplois et l’affaiblissement de la demande
Alors qu’une abondance de nouveaux travailleurs a été le principal facteur jusqu’à présent, les perspectives commencent à changer. BMO souligne que la croissance de l’emploi, qui avait au moins été constante auparavant, a ralenti de manière significative en mai, n’atteignant que 0,7 % par an. Ce taux représente moins du tiers du rythme d’expansion de la main-d’œuvre, signalant un changement potentiel dans la dynamique sous-jacente du marché du travail.
Si la création d’emplois continue de ralentir, voire stagne, le moteur de la hausse du chômage pourrait passer d’un problème d’offre (trop de travailleurs) à un problème de demande (pas assez d’emplois créés par l’économie). Robert Kavcic prévient que des facteurs externes, tels que d’éventuelles tensions commerciales ayant un impact sur l’économie de l’Ontario, pourraient exacerber ce changement, entraînant un chômage motivé par un affaiblissement de la croissance de l’emploi plutôt que par la seule expansion de la main-d’œuvre.
Ce que cela signifie pour l’avenir
La forte hausse du chômage en Ontario à 7,9 % signale des défis importants pour le marché du travail, actuellement enracinés dans une croissance démographique rapide. Cependant, le récent ralentissement de la création d’emplois indique un changement potentiel vers une demande économique plus faible comme moteur principal des augmentations futures du chômage. Les entreprises et les chercheurs d’emploi en Ontario devraient surveiller attentivement ces tendances, car la dynamique du marché du travail évolue rapidement. Restez informé du tableau économique général en explorant nos articles connexes.