Les Canadiens agacés par les suggestions de pourboire : l’évolution de la culture

La culture du pourboire au Canada fait l’objet d’un examen minutieux, un nouveau sondage révélant une frustration généralisée face aux suggestions de pourboire, en particulier lorsqu’elles sont présentées sous forme numérique. Ce changement de sentiment a des implications importantes pour les entreprises de services et la stabilité financière des travailleurs de ce secteur à travers le pays.

Principales conclusions :

  • Une majorité de Canadiens trouvent les suggestions de pourboire ennuyeuses, notamment dans les cafés et chez les détaillants en ligne.
  • Bien que la plupart des gens continuent de laisser un pourboire dans les restaurants avec service à table, un débat existe sur les salaires des serveurs et les attentes.
  • Les attitudes à l’égard du pourboire varient considérablement selon l’âge et le type de service reçu.

L’agacement croissant face aux suggestions de pourboire

Un récent sondage mené par Research Co. met en évidence une irritation croissante parmi les Canadiens concernant les taux de pourboire préréglés ou suggérés lors des paiements. Il ne s’agit pas seulement d’un léger inconvénient; cela reflète une discussion plus large sur la transparence et l’équité des pratiques modernes de pourboire.

Le sondage, qui a interrogé 1 000 adultes canadiens, a révélé une forte désapprobation face à plusieurs scénarios courants de suggestions de pourboire :

  • 71 % désapprouvent les suggestions de pourboire des détaillants en ligne.
  • 65 % désapprouvent les suggestions de pourboire lors du paiement par carte dans les cafés.
  • 57 % désapprouvent les suggestions de pourboire imprimées sur les factures dans les restaurants avec service à table.
  • 53 % désapprouvent les suggestions de pourboire sur les terminaux de paiement par carte dans les restaurants avec service à table.

Ces données suggèrent que si les Canadiens sont généralement disposés à laisser un pourboire pour le service à table traditionnel, ils s’opposent à l’extension des attentes en matière de pourboire à de nouveaux domaines et à la pression exercée par les invites numériques préréglées.

Terminal de paiement numérique affichant des suggestions de pourboire au CanadaTerminal de paiement numérique affichant des suggestions de pourboire au Canada

Le débat sur la rémunération des serveurs par rapport aux pourboires

Le débat sur le pourboire repose sur la réalité financière des travailleurs du secteur des services. Selon les données de Guichet-Emplois Canada de 2024, les serveurs d’aliments et de boissons gagnent en moyenne 18 $ l’heure à l’échelle nationale. Le sondage a exploré le lien entre les salaires et la nécessité du pourboire.

Une nette majorité (69 %) des participants estimaient qu’ils n’auraient pas besoin de donner de pourboire aux serveurs s’ils gagnaient un meilleur salaire. Simultanément, 68 % reconnaissaient que le pourboire est important parce que les serveurs ne peuvent souvent pas compter uniquement sur leur salaire de base. Cependant, ce sentiment est compliqué par la perception que la qualité du service ne correspond pas toujours aux attentes en matière de pourboire; 65 % des répondants estimaient que les serveurs « attendent simplement un pourboire, mais ne travaillent pas fort pour le mériter ». Même avec un mauvais service, 35 % estimaient toujours qu’un pourboire était mérité, soulignant le caractère profondément enraciné de cette pratique.

Où et combien les Canadiens laissent-ils un pourboire ?

Malgré l’agacement face aux suggestions, le pourboire reste courant au Canada, en particulier dans les restaurants avec service à table. Une étude de HelloSafe en 2024 a identifié le Canada et les États-Unis comme les pays ayant les taux de pourboire les plus élevés au monde, les Canadiens laissant généralement entre 15 % et 20 % dans les restaurants.

Cependant, la fréquence du pourboire et les montants attendus varient considérablement selon le type de service. Alors que 53 % des Canadiens déclarent qu’ils « donnent toujours un pourboire » dans les restaurants avec service à table, ce chiffre diminue considérablement pour d’autres scénarios :

  • 37 % donnent un pourboire dans les bars.
  • 15 % donnent un pourboire lors de l’achat de nourriture à emporter.
  • 14 % donnent un pourboire dans les restaurants (cette formulation pourrait faire référence aux restaurants décontractés par rapport aux restaurants avec service à table).
  • 12 % donnent un pourboire dans les cafétérias.
  • 10 % donnent un pourboire dans les restaurants rapides.

Les attitudes diffèrent également selon l’âge, les Canadiens plus âgés étant plus susceptibles de donner un pourboire de manière constante. 64 % des personnes de plus de 55 ans donnent toujours un pourboire, contre 56 % des 35-54 ans et 41 % des 18-34 ans.

Main tenant une carte de crédit près d'une facture de restaurant avec une ligne pour le pourboire suggéréMain tenant une carte de crédit près d'une facture de restaurant avec une ligne pour le pourboire suggéré

Pour les services autres que la restauration traditionnelle, les pourcentages de pourboire acceptables varient. Environ un tiers des Canadiens considèrent un pourboire de 10 % à 14 % acceptable pour :

  • Les coupes de cheveux ou visites au salon (35 %)
  • La livraison de nourriture gérée par le restaurant (33 %)
  • La livraison de nourriture via des applications tierces (30 %)
  • Les trajets en taxi ou en covoiturage (30 %)

Fait significatif, 57 % des Canadiens estiment que le pourboire est inutile lorsqu’ils viennent chercher la nourriture eux-mêmes ou commandent quelque chose en ligne, renforçant l’idée que la valeur perçue pour le pourboire est liée au service direct à table ou personnel.

Implications et perspectives

Les résultats suggèrent une tension potentielle entre les attentes des consommateurs, les systèmes de paiement basés sur la technologie et la dépendance des travailleurs du secteur des services à l’égard des pourboires. Pour les entreprises, comprendre ce sentiment évolutif est crucial. Une confiance excessive dans les suggestions de pourboire agressives pourrait aliéner les clients, tandis que l’incapacité à assurer une rémunération adéquate a un impact sur le personnel.

L’opinion partagée sur l’instauration d’un frais de service minimum (45 % approuvés, 47 % désapprouvés dans le sondage) indique qu’un modèle de frais de service n’est pas non plus une alternative universellement acceptée au Canada.

La conversation autour du pourboire se poursuivra probablement à mesure que les paiements numériques deviendront plus courants et que les pressions liées au coût de la vie affecteront à la fois les consommateurs et les travailleurs du secteur des services. Les entreprises pourraient devoir explorer des modèles de rémunération plus clairs ou trouver des moyens de rendre le pourboire moins obligatoire et plus lié à la valeur perçue afin de s’aligner sur l’évolution des attitudes des clients.

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