Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), des foules de civils à Gaza se sont précipitées sur les camions d’aide, illustrant la faim et le désespoir extrêmes qui frappent le territoire. Cet incident est survenu alors que le PAM tentait de livrer des vivres. L’organisation a déclaré que les camions avaient été arrêtés en cours de route par des personnes affamées. Cette situation souligne les difficultés de fournir efficacement l’aide humanitaire dans un contexte de conflit intense et de besoins immenses.
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Points clés :
- À Gaza, des camions de farine du PAM ont été arrêtés et l’aide a été prise par des civils désespérés.
- Les agences humanitaires rencontrent des défis importants pour livrer l’aide en raison de l’insécurité et de la rupture de l’ordre.
- L’ONU rapporte qu’une quantité insuffisante d’aide entre à Gaza par rapport à l’ampleur des besoins.
- Des désaccords persistent entre l’ONU et Israël concernant les défis de la distribution de l’aide.
- La crise humanitaire est aggravée par la poursuite des opérations militaires et l’effondrement du système de santé.
Convois d’aide interceptés par des civils affamés
Le Programme alimentaire mondial a indiqué avoir fait entrer 77 camions chargés de farine à Gaza dans la nuit de vendredi à samedi et tôt samedi matin. Cependant, l’agence a déclaré que « tous les camions ont été arrêtés en chemin, l’aide alimentaire ayant été prise principalement par des personnes affamées essayant de nourrir leurs familles ».
Selon la porte-parole du PAM, Abeer Etefa, la décision a été prise d’autoriser les gens à prendre de l’aide si les convois étaient pris d’assaut, invoquant une probabilité « très élevée » que les camions n’atteignent pas leurs points de distribution d’entrepôt prévus. Elle a décrit les foules comme des civils qui avaient appris que de la nourriture arrivait et qui étaient « les désespérés qui ne peuvent pas attendre ».
Les travailleurs du PAM ont tenté d’instruire les gens de ne prendre qu’un seul sac de farine, mais l’ampleur du désespoir a rendu le contrôle de la distribution difficile. L’agence a fait remarquer : « Après près de 80 jours de blocus total, les personnes affamées ne laisseront pas passer un camion de nourriture. »
Camions du PAM au passage frontalier de Kerem Shalom le 26 mai
Le défi plus vaste de l’aide humanitaire
L’incident met en lumière les défis complexes entourant la livraison de l’aide humanitaire à Gaza. Bien qu’Israël ait assoupli un blocus de l’aide de 11 semaines le 19 mai, les Nations Unies signalent que la quantité d’aide entrant à Gaza reste largement inférieure aux besoins de la population.
Philippe Lazzarini, chef de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), a déclaré que les 900 camions envoyés au cours de la semaine dernière représentaient « juste un peu plus de 10 % des besoins quotidiens des personnes », décrivant le flux d’aide comme une « moquerie face à la tragédie de masse qui se déroule ».
Défis de la distribution
L’agence militaire israélienne Cogat a publiquement accusé l’ONU de ne pas distribuer l’aide déjà présente à l’intérieur de Gaza, affirmant que des centaines de camions attendent aux points de passage. Cogat a exhorté l’ONU via les médias sociaux à récupérer l’aide.
Le chef régional du bureau humanitaire de l’ONU, Jonathan Whittall, a rétorqué que la distribution de l’aide fait face à de multiples obstacles, notamment l’escalade de l’insécurité le long des routes, la réception d’« itinéraires inappropriés », de « longs retards » dans l’obtention des approbations de mouvement de la part des autorités israéliennes, et la présence de « foules désespérées » en chemin.
Efforts d’aide alternatifs
Séparément, une nouvelle organisation soutenue par les États-Unis et Israël a commencé à distribuer de la nourriture sur des sites désignés à Gaza. Cette initiative a été mise en place après qu’Israël a accusé le Hamas de voler l’aide, ce que le Hamas nie. La Fondation humanitaire de Gaza a affirmé avoir distribué deux millions de repas en une semaine, bien que ce chiffre n’ait pas pu être vérifié de manière indépendante par la BBC.
Des vidéos cette semaine auraient montré des foules submergeant l’un de ces centres de distribution. L’ONU a refusé de travailler avec cette opération, invoquant des préoccupations selon lesquelles elle contredirait les principes humanitaires établis. Les lecteurs peuvent en savoir plus sur comment ce plan d’aide soutenu par les États-Unis et Israël a tourné au chaos.
Impact du conflit
La crise humanitaire se déroule dans un contexte d’opérations militaires continues. L’armée de défense israélienne (Tsahal) a déclaré samedi avoir frappé « des dizaines de cibles terroristes dans toute la bande de Gaza » au cours de la dernière journée.
Selon le ministère de la santé de Gaza dirigé par le Hamas, soixante personnes ont été tuées lors des opérations militaires israéliennes au cours des 24 heures précédentes. Ces statistiques n’incluent pas le gouvernorat de Gaza-Nord, où le dernier hôpital fonctionnel aurait fermé jeudi après un ordre d’évacuation de l’armée israélienne. En savoir plus sur la situation du dernier hôpital du gouvernorat de Gaza-Nord.
Crise des soins de santé et difficultés quotidiennes
L’effondrement du système de santé et la rareté de la nourriture ont des conséquences désastreuses pour les civils. Christos Georgalas, un chirurgien grec qui a travaillé à l’hôpital Nasser à Khan Younès jusqu’au 21 mai, a décrit le traitement de nombreux enfants blessés par des éclats, notant qu’ils étaient les principales victimes à la fois des traumatismes et de la malnutrition.
Il a expliqué que la malnutrition entrave la guérison et augmente le risque d’infection. Georgalas a raconté comment le personnel hospitalier mange souvent uniquement du riz, se considérant chanceux, tandis qu’un collègue a perdu beaucoup de poids en raison du manque de nourriture. De nombreux médecins locaux ne sont pas payés, vivent dans des conditions difficiles et se rendent au travail sans protection, mais continuent malgré la crainte pour leur vie et celle de leurs proches. Depuis son départ, le collègue de Georgalas a signalé que l’unité de soins intensifs est « constamment pleine » et que les médecins rationnent les soins en raison du nombre écrasant de patients nécessitant une intubation.
Évolutions diplomatiques
Au milieu de la situation humanitaire et militaire, les efforts diplomatiques rencontrent des obstacles. Quatre pays arabes qui prévoyaient une visite importante en Cisjordanie ce week-end ont condamné la décision d’Israël de bloquer le voyage. La délégation comprenait les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, de Bahreïn, de la Jordanie et de l’Arabie saoudite, qui avaient l’intention de rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah.
Un responsable israélien a indiqué que la réunion prévue visait à discuter de la promotion d’un État palestinien, un concept auquel le gouvernement israélien actuel s’oppose.
L’Arabie saoudite et la France devraient co-organiser le mois prochain une conférence internationale axée sur la relance de la solution à deux États comme voie de sortie du conflit à Gaza.
Homme palestinien marchant à travers les décombres dans la ville de Gaza
Le conflit actuel a commencé après l’attaque transfrontalière du Hamas le 7 octobre 2023, qui a entraîné la mort d’environ 1 200 personnes et la prise en otage de 251 personnes par le Hamas. Israël a riposté par une campagne militaire à Gaza. Le ministère de la santé de Gaza dirigé par le Hamas rapporte qu’au moins 54 381 personnes ont été tuées depuis le 7 octobre, dont 4 117 depuis qu’Israël a renouvelé son offensive le 18 mars.
La situation à Gaza reste critique, les besoins humanitaires dépassant largement les capacités actuelles de livraison de l’aide et le conflit en cours aggravant la crise.
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