Le marché immobilier canadien a présenté un tableau mitigé en mai, avec des signes d’activité accrue apparaissant dans certaines grandes villes après des ralentissements antérieurs. Alors que des marchés comme Toronto et Calgary ont vu le nombre de reventes rebondir, d’autres, en Colombie-Britannique et dans le Sud de l’Ontario, ont continué de faire face à des vents contraires importants et à des baisses de prix. Ce rapport analyse les dernières tendances et ce qu’elles signifient pour les acheteurs et les vendeurs à travers le pays.
Contenu
- Les tendances nationales du logement montrent une divergence
- Marché immobilier de Toronto : un redressement est-il en cours ?
- Marché immobilier de Montréal : résilient malgré les vents contraires
- Marché immobilier de Vancouver : les acheteurs ont toujours l’avantage
- Marché immobilier de Calgary : des fondamentaux solides stimulent l’activité
- Que réserve l’avenir pour le marché immobilier canadien ?
Les points clés à retenir sont les suivants :
- L’activité de vente a repris dans plusieurs marchés clés comme Toronto, Calgary, Ottawa, et d’autres.
- Les marchés du Sud de l’Ontario et de certaines parties de la C.-B. restent faibles avec des prix sous pression.
- Les marchés résilients comme Montréal et ceux des Prairies et de la région de l’Atlantique résistent mieux.
- Les niveaux d’inventaire varient considérablement selon les régions, ce qui influence la dynamique des prix.
Les tendances nationales du logement montrent une divergence
Le tableau général du marché immobilier canadien en mai est celui de la divergence. Suite à des périodes de ralentissement important causées par l’incertitude économique, certains marchés commencent à voir une reprise de l’activité de revente. Ce fut notamment le cas à Toronto, Ottawa, Calgary, Edmonton, Fraser Valley, Saskatoon et Regina, où le nombre de transactions s’est partiellement rétabli après des baisses antérieures.
Malgré certains mouvements positifs, les marchés des régions les moins abordables du Canada, en particulier le Sud de l’Ontario et certaines parties de la Colombie-Britannique, restent particulièrement faibles. L’activité dans bon nombre de ces régions est proche des creux cycliques, ce qui suggère une période prolongée avant qu’une reprise robuste ne s’installe.
Ces marchés plus faibles sont également ceux où les baisses de prix sont les plus évidentes. L’Indice des prix des propriétés MLS (IPP), une mesure clé des tendances des prix des propriétés, a baissé dans plusieurs régions entre avril et mai, notamment dans la région de Toronto, à Hamilton, Kitchener-Waterloo, Cambridge, Vancouver et Fraser Valley.
En revanche, d’autres régions du pays montrent une stabilité relative. Les marchés des Prairies, comme Edmonton, Saskatoon et Regina, ainsi que les villes du Québec, comme Québec, et de la région de l’Atlantique, comme St. John’s, ont généralement mieux résisté, connaissant moins de volatilité dans l’activité.
Marché immobilier de Toronto : un redressement est-il en cours ?
Après avoir connu des ralentissements importants, le marché immobilier de Toronto a montré des signes de stabilisation en mai.
Les ventes de propriétés existantes ont augmenté de 8,4 % par rapport à avril (données désaisonnalisées), marquant la deuxième hausse mensuelle consécutive. Ce rebond suggère qu’à mesure que l’incertitude économique pourrait s’atténuer, la confiance des acheteurs pourrait revenir progressivement, ouvrant la voie à une reprise dans la seconde moitié de l’année.
Cependant, les acheteurs détiennent actuellement un avantage marqué. Le nombre de propriétés mises en vente est à un niveau record depuis plusieurs décennies, offrant un choix important et un pouvoir de négociation aux personnes cherchant à acheter.
Cette offre abondante continue de faire pression sur les prix. L’Indice des prix des propriétés MLS (IPP) de Toronto était en baisse de 4,5 % par rapport à l’année précédente. Bien que l’indice ait connu une légère hausse en mai par rapport à avril, le déséquilibre entre l’offre et la demande indique que les prix sont susceptibles de continuer de subir une pression à la baisse à court terme.
Marché immobilier de Montréal : résilient malgré les vents contraires
Le marché de la région de Montréal a démontré une résilience notable, maintenant des niveaux d’activité solides malgré les turbulences économiques générales.
Malgré une légère baisse des transactions de revente entre avril et mai (en baisse de 2 % en données désaisonnalisées), le tableau général reste stable. Le marché a bien résisté, avec des ventes proches des niveaux considérés comme robustes avant les récents changements économiques.
Les niveaux d’inventaire restent historiquement bas, en grande partie grâce à une offre qui suit le rythme de la demande. Cet équilibre serré a exercé une pression à la hausse sur les prix.
Bien que la valeur des propriétés continue d’augmenter – les prix médians des maisons unifamiliales ont progressé de 8,6 % d’une année sur l’autre, et ceux des copropriétés de 4,3 % en mai – une augmentation du nombre de vendeurs entrant sur le marché pourrait progressivement atténuer les contraintes d’offre et tempérer les gains de prix futurs.
Marché immobilier de Vancouver : les acheteurs ont toujours l’avantage
Le marché de Vancouver continue de favoriser les acheteurs, avec peu d’urgence à acheter dans le climat économique actuel.
On estime que les reventes de propriétés ont diminué pour le sixième mois consécutif entre avril et mai, ramenant l’activité aux creux observés en 2023. Les acheteurs ont de plus en plus d’options à mesure que l’inventaire atteint son niveau le plus élevé depuis 12 ans, en partie en raison de l’entrée sur le marché d’un plus grand nombre de nouvelles unités de copropriétés achevées mais invendues.
Cette offre croissante et la concurrence réduite entre les acheteurs poussent les vendeurs à accepter des offres plus basses pour conclure des transactions, ce qui fait baisser les prix.
L’IPP MLS de Vancouver en mai était inférieur de 2,9 % à son niveau de l’année précédente. Cette tendance à la baisse devrait persister tant que l’offre dépassera la demande et que les acheteurs maintiendront une forte position de négociation.
Marché immobilier de Calgary : des fondamentaux solides stimulent l’activité
Le marché immobilier de Calgary a connu un rebond important en mai, avec une augmentation estimée des reventes de propriétés de plus de 8 % par rapport à avril, après trois mois de baisse.
Le sentiment du marché reste généralement positif, avec des niveaux d’activité significativement supérieurs aux normes pré-pandémiques. Cette vigueur est soutenue par de puissants moteurs : une croissance démographique soutenue et une économie régionale robuste, où l’emploi augmente à près de trois fois le taux national.
La modération des prix joue également un rôle dans l’attrait des acheteurs. La forte construction de logements au cours de la dernière année a augmenté l’offre, contribuant à rééquilibrer le marché.
Ce rééquilibrage accru a réduit la pression à la hausse sur la valeur des propriétés. L’IPP composite MLS a baissé sous les niveaux d’il y a un an en mai (-2,5 %) pour la première fois depuis 2020. Une modération supplémentaire des prix est prévue à mesure que de nouvelles offres entreront sur le marché.
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Que réserve l’avenir pour le marché immobilier canadien ?
Les données de mai brossent le portrait d’un marché immobilier canadien qui diverge. Alors que certaines villes comme Toronto et Calgary montrent des signes précoces de reprise des ventes, les marchés de Vancouver et du Sud de l’Ontario continuent de faire face à des défis importants, marqués par la baisse des prix et une offre abondante.
Pour les acheteurs, en particulier sur les marchés plus faibles, les conditions restent favorables avec plus de choix et un pouvoir de négociation accru. Les vendeurs sur les marchés résilients comme Montréal bénéficient toujours de conditions plus serrées, bien que cela puisse changer progressivement.
Dans l’ensemble, la voie à suivre reste incertaine, avec des différences régionales continues attendues. Les acteurs du marché suivront de près si la récente hausse de l’activité dans certaines régions représente une tendance durable ou un simple rebond temporaire.