Gaza : Cessez-le-feu bloqué, le Hamas pose de nouvelles conditions

Le groupe palestinien Hamas affirme qu’une récente proposition de cessez-le-feu, transmise par un envoyé des États-Unis, diffère considérablement d’une version précédente qu’il avait acceptée, menant à une impasse actuelle dans les négociations visant à mettre fin au conflit à Gaza. Le Hamas déclare avoir répondu positivement au dernier plan mais y a inclus des clauses clés, que les États-Unis et Israël ont jugées inacceptables. Le manque de garanties pour une fin permanente des hostilités demeure un point de discorde central.

Points clés à retenir :

  • Le Hamas cherche une voie garantie vers un cessez-le-feu permanent et un retrait complet des troupes israéliennes.
  • Les États-Unis et Israël soutiennent un cadre de pause temporaire que le Hamas craint de voir Israël utiliser pour reprendre la guerre.
  • Des désaccords persistent sur le calendrier et les conditions de libération des otages et de l’aide humanitaire.

La position du Hamas sur la proposition

Selon Basem Naim, un haut responsable du Hamas, le groupe a « répondu positivement » à la proposition remise par l’envoyé spécial américain Steve Witkoff. Cependant, Naim a déclaré que l’offre n’offrait « aucune garantie de mettre fin à la guerre », ce qui est une exigence fondamentale pour le Hamas.

Le Hamas a précisé que sa réponse positive incluait l’ajout de plusieurs clauses clés absentes, ou différentes, du cadre américain. Ces conditions visent à garantir des résultats plus concrets de tout accord.

Principales exigences formulées par le Hamas

La réponse du Hamas à la proposition américaine est centrée sur l’établissement d’une voie claire vers la fin permanente du conflit et sur la satisfaction des besoins de la population palestinienne à Gaza.

Les principales exigences du groupe comprennent :

  • Voie vers un cessez-le-feu permanent : Au lieu d’une pause temporaire, le Hamas cherche des assurances que l’accord mènera à une cessation durable des hostilités, empêchant Israël de reprendre unilatéralement les opérations militaires, comme il le soutient s’être produit par le passé.
  • Retrait complet des forces israéliennes : Le Hamas exige le retrait complet des troupes israéliennes de la bande de Gaza.
  • Reprise de l’aide et de l’assistance : Le groupe demande la livraison sans entrave de l’aide humanitaire et de l’assistance à Gaza, qui fait face à de graves pénuries et à une situation de quasi-famine selon les organisations humanitaires.

Des Palestiniens évacuent après une frappe israélienne sur un immeuble résidentiel à Gaza City, 30 mai 2025Des Palestiniens évacuent après une frappe israélienne sur un immeuble résidentiel à Gaza City, 30 mai 2025

Différences entre les propositions

La proposition américaine, transmise par Witkoff, aurait décrit une pause de 60 jours dans les hostilités. Après cette période initiale, les parties devaient négocier des prolongations de la pause. L’inquiétude du Hamas découle de la possibilité qu’Israël mette fin à la pause et reprenne son offensive après une période limitée ou après la libération des otages.

Le précédent cessez-le-feu temporaire en mars aurait vu Israël imposer de nouvelles restrictions sur l’aide et renouveler les bombardements, ce qui a accru la méfiance des négociateurs du Hamas. Pour atténuer ce risque, le Hamas cherche à lier le calendrier de libération des otages plus directement à la mise en œuvre d’un processus de cessez-le-feu permanent et à un retrait complet.

Le plan américain aurait appelé à la libération des otages dans la semaine suivant le début de la pause de 60 jours. Le Hamas a proposé d’échelonner la libération tout au long de la période de pause, probablement comme moyen de pression pour garantir que le cessez-le-feu se poursuive et progresse vers un état permanent.

Le Hamas aurait également réinséré une disposition d’une ébauche d’accord antérieure (25 mai) qu’Israël avait supprimée. Cette disposition suggérait de confier la gouvernance de Gaza à « un comité technocratique indépendant ».

Une femme tenant un bébé à Jabalia réagit près d'un site touché par les forces israéliennes dans le centre de la bande de Gaza, 30 mai 2025Une femme tenant un bébé à Jabalia réagit près d'un site touché par les forces israéliennes dans le centre de la bande de Gaza, 30 mai 2025

Réactions des États-Unis et d’Israël

Les États-Unis et Israël ont tous deux publiquement rejeté les ajouts du Hamas à la proposition, déclarant qu’ils faisaient reculer le processus de négociation.

L’envoyé spécial américain Steve Witkoff a décrit la réponse du Hamas comme « totalement inacceptable » et a déclaré qu’elle « ne fait que nous faire reculer ». Il a exhorté le Hamas à accepter le cadre original comme base pour des « pourparlers de proximité » immédiats afin de finaliser un accord de cessez-le-feu de 60 jours impliquant une libération progressive des otages et des négociations de fond vers un cessez-le-feu permanent.

Policiers israéliens interagissant avec des manifestants à Jérusalem-Ouest occupée, 31 mai 2025Policiers israéliens interagissant avec des manifestants à Jérusalem-Ouest occupée, 31 mai 2025

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait écho au sentiment de Witkoff, déclarant que la réponse du Hamas était inacceptable. Il a affirmé qu’Israël poursuivrait ses actions militaires visant au retour des otages et à la « défaite du Hamas ». La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué qu’Israël avait « soutenu et appuyé » la proposition américaine avant qu’elle ne soit présentée au Hamas.

Un enfant reçoit un traitement pour malnutrition sévère à l’hôpital Nasser à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, 31 mai 2025.

Pourquoi les exigences du Hamas diffèrent

L’analyse suggère que l’insistance du Hamas sur un cessez-le-feu permanent et un retrait complet découle d’une profonde méfiance envers les intentions d’Israël basée sur des expériences passées. Le groupe craint que toute pause temporaire ne permette simplement à Israël de se regrouper avant de reprendre sa campagne militaire, causant potentiellement davantage de destruction et de pertes de vies humaines à Gaza, où plus de 54 000 Palestiniens ont été tués depuis octobre 2023.

Tamer Qarmout, professeur agrégé à l’Institut d’études supérieures de Doha, a commenté que les négociations semblent se dérouler « sans aucune bonne foi ». Il a suggéré que l’objectif principal d’Israël est la « capitulation et la reddition » du Hamas, tandis que le Hamas s’engage pour « tenter de réduire les horreurs de la guerre » et chercher une « sortie digne » plutôt qu’une reddition.

Que se passe-t-il ensuite

La contre-proposition du Hamas ayant été rejetée par les États-Unis et Israël, les négociations sont actuellement au point mort. Pendant ce temps, les actions militaires à Gaza se poursuivent.

Des rapports récents indiquent la poursuite des attaques israéliennes sur tout le territoire. Dimanche, des dizaines de Palestiniens ont été tués sur des sites de distribution d’aide à Rafah et près du couloir de Netzarim. Des zones résidentielles à Gaza seraient également bombardées.

Palestiniens blessés, dont des enfants et des bébés, amenés à l'hôpital arabe Al-Ahli après une attaque israélienne à Gaza, 29 mai 2025Palestiniens blessés, dont des enfants et des bébés, amenés à l'hôpital arabe Al-Ahli après une attaque israélienne à Gaza, 29 mai 2025

L’avenir des pourparlers de cessez-le-feu reste incertain tant que les désaccords fondamentaux sur la durée et les conditions d’une pause persistent.

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