L’ordre de Trump sur Harvard et les étudiants canadiens

Le président des É.-U., Donald Trump, a récemment émis une déclaration visant à empêcher certains étudiants étrangers d’étudier à l’Université Harvard. Cette action, bien que faisant l’objet de contestations juridiques, a soulevé des inquiétudes parmi les étudiants potentiels et actuels, y compris les Canadiens envisageant d’étudier aux États-Unis. Bien que les experts suggèrent que cela ne devrait pas dissuader entièrement les étudiants canadiens, la prudence est de mise compte tenu de l’évolution de la situation.

La déclaration et les contestations juridiques

Mercredi, le président Trump a signé une déclaration visant à interdire l’entrée aux É.-U. aux étudiants étrangers dans le but spécifique de fréquenter l’Université Harvard. Harvard a rapidement réagi en déposant une contestation judiciaire contre cette ordonnance. Cette action en justice a abouti à l’émission par un juge fédéral d’une suspension temporaire de la déclaration, interrompant ainsi sa mise en œuvre immédiate.

Cependant, malgré la suspension temporaire de l’ordonnance spécifique à Harvard, les É.-U. ont poursuivi leurs efforts pour révoquer les visas d’étudiants étrangers détenant des visas F-1 et J-1.

Impact sur les étudiants étrangers, y compris les Canadiens

Les actions du gouvernement américain ciblant les visas F-1 et J-1 affectent directement de nombreux étudiants étrangers. Les Canadiens se trouvent dans une position légèrement différente, car ils n’ont généralement pas besoin de visa pour étudier aux É.-U. Les données d’Affaires mondiales Canada montrent que près de 28 000 étudiants canadiens ont choisi d’étudier aux É.-U. en 2023.

La situation à Harvard, qui comptait environ 686 étudiants canadiens inscrits en 2022, met en évidence le potentiel de défis uniques, même pour ceux provenant de pays dispensés de visa. L’incertitude entourant le statut juridique de la déclaration et des politiques plus larges pourrait affecter les étudiants déjà inscrits ou ceux qui envisagent de postuler.

Conseils pour les candidats et étudiants canadiens

Malgré l’incertitude, les experts conseillent aux étudiants canadiens de ne pas abandonner complètement leurs projets d’études aux É.-U., surtout s’ils sont passionnés par une institution spécifique.

Elizabeth Buckner, professeure agrégée d’enseignement supérieur à l’Université de Toronto, a commenté qu’il n’y a « aucune raison pour l’instant d’abandonner entièrement le pays et son système d’enseignement supérieur ».

Gérer l’incertitude

Buckner a souligné que la prudence est nécessaire. Les étudiants potentiellement acceptés dans des établissements comme Harvard pourraient faire face à une incertitude considérable si les politiques changent en cours de diplôme, les forçant à partir.

Lors de la candidature, les étudiants doivent comprendre les exigences pour étudier aux É.-U. et prendre des précautions étant donné le climat actuel. Les étudiants devraient envisager des scénarios potentiels qui n’auraient pas été une préoccupation auparavant, comme la nécessité d’un plan de secours si les restrictions s’étendent à plus d’établissements.

Ceci est particulièrement important compte tenu du coût des frais de scolarité universitaires américains. Les étudiants ne veulent pas perdre des années d’études sans obtenir de diplôme. La recherche de la transférabilité des crédits de leur programme vers une institution canadienne pourrait être une étape prudente.

Envisager des alternatives

Tejbir Singh, propriétaire de Toronto Education Consultants, a suggéré que les Canadiens pourraient envisager des universités au Canada ou dans d’autres pays pour éviter l’incertitude actuelle aux É.-U.

Il a déclaré que les Canadiens « devraient avoir confiance dans les universités canadiennes pour obtenir une éducation adéquate ». Bien que certains étudiants puissent prioriser la notoriété d’universités américaines prestigieuses, Singh a conseillé de se concentrer sur l’obtention d’une éducation de qualité dans leur domaine de prédilection.

Vignette vidéo d'un reportage sur l'administration Trump et Harvard.Vignette vidéo d'un reportage sur l'administration Trump et Harvard.

Singh a également noté que l’exploration d’opportunités dans des pays autres que le Canada et les É.-U. pourrait offrir des expériences uniques et un début différent à leur parcours universitaire.

Démarches pratiques pour les Canadiens étudiant aux É.-U.

Bien que les Canadiens n’aient généralement pas besoin de visa pour étudier aux É.-U., ils doivent suivre des procédures spécifiques décrites par l’ambassade des É.-U. au Canada.

Les étudiants doivent obtenir un certificat d’éligibilité I-20 de l’école ou du programme d’échange américain qu’ils prévoient de fréquenter. Une fois l’I-20 délivré, l’étudiant est enregistré dans le SEVIS (Student and Exchange Visitor Information System) et doit payer des frais d’enregistrement.

Vignette vidéo d'un reportage sur la bataille judiciaire entre Trump et Harvard.Vignette vidéo d'un reportage sur la bataille judiciaire entre Trump et Harvard.

Lorsqu’ils traversent la frontière pour commencer leurs études, les étudiants canadiens doivent présenter plusieurs documents : un passeport canadien valide, le certificat I-20 ou DS-2019 (pour les programmes d’échange), une preuve du paiement des frais SEVIS, des preuves de fonds suffisants pour couvrir les frais et les dépenses de subsistance, et des preuves de liens avec le Canada.

Conclusion

Bien qu’un juge fédéral ait temporairement suspendu l’ordonnance spécifique du président Trump ciblant les étudiants étrangers à Harvard, le paysage plus large pour les étudiants étrangers aux É.-U., y compris les questions de visa et les changements potentiels de politique, demeure incertain. Les experts encouragent les étudiants canadiens à continuer de poursuivre leurs objectifs d’études aux É.-U., mais conseillent une planification minutieuse, une connaissance des exigences et, potentiellement, l’exploration d’options de secours ou de destinations alternatives.