Trump admettrait la position de Poutine: la Russie gagne en Ukraine

Suite à un appel téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, l’ancien président américain Donald Trump aurait reconnu que le Kremlin ne cherchait pas la paix en Ukraine, estimant que la Russie était en train de gagner le conflit. Cette évaluation, partagée lors d’un appel ultérieur avec des dirigeants européens, contraste avec certaines déclarations précédentes de Trump et met en évidence des points de vue divergents sur la guerre en cours.

Ce développement survient alors que la Russie poursuit sa campagne militaire en Ukraine, le président Poutine affirmant publiquement sa confiance dans la position de la Russie, malgré des analyses suggérant des gains territoriaux lents et coûteux.

Le prétendu changement de position de Trump

Selon un rapport du Wall Street Journal publié mercredi, M. Trump aurait fait cette admission concernant la position de Poutine lors d’un appel avec des dirigeants européens lundi. C’était la première fois que l’ancien président américain aurait reconnu la conviction apparente du dirigeant russe selon laquelle la Russie l’emportait et n’était donc pas intéressée par des négociations de paix à des conditions favorables à l’Ukraine.

Le rapport indiquait également que M. Trump se serait rétracté des suggestions antérieures selon lesquelles il envisagerait d’imposer de nouvelles sanctions à la Russie si elle ne poursuivait pas la paix.

Assertions et ambitions territoriales de Poutine

Lors d’une visite dans la région russe de Koursk mardi, le président Poutine aurait réitéré son opinion selon laquelle la Russie était en train de gagner la guerre. Il aurait exposé des plans pour potentiellement s’emparer et annexer la région ukrainienne de Soumy, adjacente à Koursk.

Cependant, une analyse de l’Institute for the Study of War (ISW) publiée mercredi a évalué qu’une telle démarche pour capturer et annexer l’oblast de Soumy est actuellement irréalisable pour les forces russes.

Lors de pourparlers entre représentants russes et ukrainiens à Istanbul le 16 mai, les exigences continues de la Russie comprenaient la cession du contrôle total sur les quatre régions partiellement occupées – Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson – que la Russie a unilatéralement revendiqué annexer en 2022. Les responsables russes ont maintenu leur objectif de sécuriser ces territoires.

Réalité militaire contre rhétorique officielle

Malgré la confiance officielle exprimée par le président Poutine et d’autres responsables russes, un rapport de Bloomberg publié mercredi, citant une analyse de DeepState, a suggéré que les statistiques du champ de bataille ne soutiennent pas entièrement cet optimisme. Le rapport indiquait que, malgré les avantages numériques, les forces russes sont loin d’atteindre les objectifs territoriaux déclarés par Moscou en Ukraine.

Depuis janvier, les forces russes auraient gagné le contrôle d’une quantité relativement faible de territoire ukrainien, estimée à environ 0,15 % du pays. Les données citées montrent un ralentissement significatif du rythme d’avance par rapport à la fin de 2024, diminuant d’environ 125 kilomètres carrés par semaine à 41 kilomètres carrés par semaine.

Des sources de Bloomberg, apparemment proches du ministère russe de la Défense, ont suggéré que même au sein de l’armée russe, il y a des doutes quant à la faisabilité des objectifs fixés par le Kremlin. Ces sources auraient décrit les succès récents comme seulement de « légers succès tactiques » malgré les revendications du leadership. L’utilisation extensive par l’Ukraine de défenses à plusieurs niveaux et de drones est considérée par les analystes militaires occidentaux comme contribuant à la lenteur des avancées russes et à des pertes importantes en personnel et en équipement.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky rencontre la première ministre moldave Maia SanduLe président ukrainien Volodymyr Zelensky rencontre la première ministre moldave Maia Sandu

Lors des pourparlers d’Istanbul du 16 mai, le chef de la délégation russe, Vladimir Medinsky, a non seulement exigé le retrait des troupes ukrainiennes des territoires revendiqués par la Russie, mais a également déclaré que la Russie était prête à « combattre sans fin » pour atteindre ses objectifs.

Selon l’analyse de l’ISW, la Russie occupe actuellement moins de 20 % du territoire internationalement reconnu de l’Ukraine, y compris la Crimée et des parties des régions du Donbas détenues depuis 2014. Ce chiffre est sensiblement inférieur aux près de 30 % capturés dans les premiers mois de l’invasion à grande échelle de 2022.

Ce gain territorial limité aurait eu un coût important. L’ISW estime que la Russie a subi plus de 400 000 pertes (morts et blessés). Au cours des trois derniers mois, on estime que la Russie a réalisé plus de la moitié de ses gains territoriaux de l’année au prix de plus de 125 000 soldats.

Conclusion

Des rapports indiquent un changement potentiel dans l’évaluation publique de l’ancien président américain Trump concernant la position de Vladimir Poutine sur la guerre en Ukraine, reconnaissant la conviction du dirigeant russe en une voie vers la victoire et son manque d’intérêt pour les pourparlers de paix. Simultanément, alors que les responsables russes maintiennent leur confiance et exposent de nouvelles ambitions territoriales, des analyses suggèrent que leurs avancées militaires sont lentes et coûteuses par rapport à l’ampleur du conflit. Ce contraste entre la rhétorique politique et la réalité du champ de bataille continue de définir la trajectoire de la guerre.

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