Postes Canada a annoncé une perte d’exploitation colossale de près de 1,3 milliard de dollars pour 2024, révélant d’importants défis financiers alors même qu’elle soumettait ce qu’elle qualifie d' »offres finales » à son plus grand syndicat. Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes (STTP) a rapidement rejeté ces offres, signalant un conflit persistant qui pourrait affecter les services de livraison de courrier partout au pays.
Contenu
- Principaux points à retenir :
- Analyse approfondie des difficultés financières de Postes Canada
- Les « offres finales » de Postes Canada et le rejet du STTP
- L’interdiction de temps supplémentaire se poursuit alors que l’impasse s’aggrave
- Quelle est la suite pour Postes Canada et la livraison de courrier ?
Principaux points à retenir :
- Postes Canada a enregistré une perte d’exploitation de 1,3 milliard de dollars et une baisse de revenus de 800 millions de dollars en 2024.
- La société a fait des « offres finales » au STTP, incluant des primes à la signature et des changements au temps supplémentaire, mais est restée ferme sur les augmentations salariales.
- Le STTP a rejeté l’offre, citant l’insistance de la société sur des changements controversés comme la « dotation flexible » et la livraison de fin de semaine.
- Une interdiction de temps supplémentaire en cours par le syndicat continue d’affecter la fiabilité du service.
- Le service postal est confronté à des problèmes structurels et a perdu environ 4 milliards de dollars depuis 2018, faisant face à une concurrence intense sur le marché des colis.
Analyse approfondie des difficultés financières de Postes Canada
Le rapport annuel récemment publié dresse un tableau financier sombre pour la société d’État. La perte d’exploitation de près de 1,3 milliard de dollars en 2024 fait suite à une baisse de revenus de 800 millions de dollars, soit 12,2 %, par rapport à l’année précédente. Ces chiffres soulignent les « défis importants » auxquels l’entreprise est confrontée, lesquels, selon elle, « ont continué de s’accentuer » l’an dernier.
Le rapport a également mis en évidence l’impact des perturbations de travail antérieures. Une grève nationale d’un mois en 2023, liée aux négociations contractuelles en cours, a contribué un impact négatif net de 208 millions de dollars à la perte avant impôts de l’entreprise. Au total, Postes Canada a accumulé environ 4 milliards de dollars de pertes depuis 2018.
Un rapport récent commandé par le gouvernement fédéral a averti que Postes Canada est « confrontée à une crise existentielle », la décrivant comme « effectivement insolvable ou en faillite ». Ce rapport suggérait la suppression progressive de la livraison porte-à-porte et la fermeture de certains bureaux de poste, notamment dans les régions rurales, pour aborder les profonds problèmes structurels.
La concurrence des transporteurs privés comme Amazon et UPS a sévèrement impacté le cœur de métier de Postes Canada. Les revenus et les volumes de colis ont diminué pendant des années, avec 56 millions de colis de moins livrés en 2024 par rapport à 2023, entraînant une baisse de revenus de 683 millions de dollars d’une année à l’autre dans ce segment clé.
Bien que le gouvernement fédéral ait accordé un prêt pouvant aller jusqu’à 1 milliard de dollars cette année, l’entreprise reconnaît que cette aide « ne résoudra pas les problèmes structurels de Postes Canada ».
Les « offres finales » de Postes Canada et le rejet du STTP
Dans ce contexte difficile, Postes Canada a présenté ce qu’elle a appelé des « offres finales » au STTP. La société a déclaré que ces offres améliorées « protègent ce qui est le plus important pour les employés tout en apportant d’importantes améliorations ».
Les principales composantes de l’offre de Postes Canada comprenaient :
- Des primes à la signature de 1 000 $ ou 500 $, selon le rôle de l’employé.
- Un seuil d’inflation plus bas pour les paiements d’indemnité de vie chère (déclenché à une inflation de 7,16 % au lieu de 13,59 %).
- L’arrêt du temps supplémentaire obligatoire.
Cependant, Postes Canada est restée ferme sur sa proposition salariale : six pour cent la première année, suivis de trois pour cent, puis de deux pour cent pour chacune des deux années suivantes, totalisant 13,59 % composés sur quatre ans.
Notamment, l’entreprise a indiqué qu’elle ne poursuivait plus les modifications au régime d’assurance maladie, aux avantages après la retraite ou l’inscription des futurs employés à un régime de retraite à cotisations déterminées – des points de litige lors des discussions précédentes.
Malgré ces concessions sur les avantages sociaux, le STTP a rapidement rejeté les offres tard mercredi, accusant Postes Canada de « jouer du coude » et d’ignorer des revendications syndicales cruciales.
Vignette vidéo d'un camion de Postes Canada en lien avec une grève possible
La présidente nationale du STTP, Jan Simpson, a spécifiquement souligné l’insistance de Postes Canada à mettre en œuvre la « dotation flexible », la livraison de fin de semaine et l' »acheminement dynamique » pour les facteurs urbains comme des obstacles non négociables. « Ce sont les questions les plus difficiles sur la table cette ronde, et maintenant, Postes Canada insiste pour qu’elles figurent dans les prochaines conventions collectives », a déclaré Simpson. Le syndicat maintient que ces changements opérationnels ont un impact négatif sur les travailleurs.
Simpson a ajouté que Postes Canada « a carrément ignoré nos positions » sur d’autres questions importantes. Concernant les difficultés financières de l’entreprise, le STTP affirme que Postes Canada ignore ses propres échecs de gestion qui ont contribué aux pertes. Le syndicat croit que la négociation de « conventions collectives ratifiables qui aideront à augmenter les volumes de colis, à élargir les services et à assurer la position de Postes Canada » est la meilleure façon d’améliorer les finances.
L’interdiction de temps supplémentaire se poursuit alors que l’impasse s’aggrave
Les conventions collectives étant expirées, le STTP a lancé une action de grève légale vendredi dernier : une interdiction nationale de temps supplémentaire. Cette interdiction reste en vigueur. Dans le cadre de cette interdiction, les membres du syndicat reçoivent l’instruction de refuser le temps supplémentaire et de retourner au dépôt tout courrier non livré après un certain nombre d’heures de travail (ou après avoir terminé leur itinéraire standard pour les facteurs ruraux et suburbains). Les travailleurs à temps partiel et temporaires sont limités à un maximum de 40 heures par semaine.
Cette action, bien qu’elle ne soit pas une grève totale, peut entraîner des retards et des perturbations dans la livraison du courrier et des colis à travers le pays.
Vignette vidéo d'un facteur triant du courrier, en lien avec la crise de Postes Canada
La déclaration de Simpson, « Postes Canada dit que c’était son offre finale. Mais cette lutte est loin d’être terminée », signale la forte probabilité de poursuite des moyens de pression, potentiellement une escalade au-delà de l’interdiction de temps supplémentaire si les parties ne parviennent pas à s’entendre.
Quelle est la suite pour Postes Canada et la livraison de courrier ?
Le rejet immédiat des « offres finales » de Postes Canada par le STTP augmente le risque d’une perturbation accrue du travail. Bien qu’une interdiction de temps supplémentaire soit en cours, le syndicat pourrait escalader vers des grèves tournantes ou une grève nationale totale, similaire aux années précédentes.
Pour les entreprises et les particuliers, cela signifie des retards potentiels dans la livraison du courrier et des colis. La position financière de Postes Canada ajoute de la complexité aux négociations ; alors que l’entreprise a besoin de réduire ses coûts et d’accroître sa flexibilité opérationnelle pour compenser ses pertes et rester compétitive, le syndicat s’oppose aux changements qu’il considère comme préjudiciables aux conditions de travail et à la sécurité d’emploi de ses membres.
Les problèmes structurels profonds mis en évidence par le rapport IIC et les pertes massives de l’entreprise suggèrent que même si une convention collective est conclue, les défis à long terme auxquels Postes Canada est confrontée persisteront, nécessitant probablement des changements importants à son modèle d’affaires dans les années à venir.