Démêler le mystère du ronronnement: les gènes identifiés

Depuis des siècles, le doux roulement du ronronnement d’un chat est une source de réconfort et de curiosité. Bien que nous adorions ce son, les raisons exactes pourquoi les chats ronronnent, et comment cette capacité a évolué, sont restées étonnamment insaisissables. Aujourd’hui, une recherche révolutionnaire menée au Japon lève le voile, identifiant des gènes potentiels derrière ces vibrations félines familières et offrant de nouveaux indices sur l’objectif plus profond du ronronnement du chat.

Des chercheurs de l’Université de Kyoto ont analysé l’ADN et les comportements rapportés par les propriétaires de près de 300 chats domestiques. Leurs fascinantes découvertes suggèrent que certaines variations génétiques pourraient être liées à la fréquence du ronronnement d’un chat et même à son degré de vocalisation envers les humains. Cette découverte ne se limite pas à comprendre un joli son; elle pourrait nous aider à percer le voyage complexe de la domestication du chat et le lien unique que nous partageons avec nos compagnons à moustaches.

Identifier les gènes du ronronnement

L’étude, dirigée par la biologiste Yume Okamoto, s’est concentrée sur le gène du récepteur des androgènes. Pensez aux gènes comme des manuels d’instructions pour construire et faire fonctionner une créature vivante. Le gène du récepteur des androgènes joue un rôle dans la régulation de la testostérone, une hormone qui influence de nombreux comportements, y compris la vocalisation chez les animaux.

Les chercheurs ont découvert que les chats possédant une version courte de ce gène étaient, selon leurs propriétaires, rapportés comme ronronnant plus fréquemment que ceux possédant une version longue. Fait intéressant, les chats mâles avec le type de gène court étaient également rapportés comme étant globalement plus vocaux envers leurs familles humaines. Cela suggère que la longueur de ce gène spécifique pourrait influencer la facilité avec laquelle un chat utilise des sons vocaux, y compris le ronronnement, pour interagir avec son environnement et les créatures qui s’y trouvent.

Chaton roux regardant vers le haut, doucement caressé sous le mentonChaton roux regardant vers le haut, doucement caressé sous le menton

L’histoire de la domestication racontée par un gène

Pour comprendre le tableau d’ensemble, l’équipe ne s’est pas arrêtée aux chats domestiques. Ils ont examiné le même gène chez 11 autres espèces de chats sauvages, y compris les parents les plus proches du chat domestique, comme le chat pêcheur et le chat léopard. Ce qu’ils ont découvert était remarquable : la version longue du gène du récepteur des androgènes n’était présente que chez les chats domestiques (Felis catus). Elle n’a été trouvée chez aucun de leurs cousins sauvages.

Cette différence génétique unique suggère fortement que la version longue du gène est probablement apparue pendant le processus de domestication du chat. Alors que les chats sauvages s’habituaient progressivement à vivre aux côtés des humains – un voyage qui a peut-être débuté dans l’Égypte ancienne – leur composition génétique a commencé à changer subtilement.

Le ronronnement: communication, survie, ou les deux?

Pourquoi un gène lié à la vocalisation changerait-il pendant la domestication ? Les chercheurs proposent une théorie intrigante. Ils ont observé que les chats de race pure (souvent élevés constamment dans des environnements humains) étaient plus susceptibles d’avoir le gène de type long que les chats croisés (qui ont pu commencer leur vie comme des animaux errants).

Leur hypothèse est que les chats qui dépendent moins d’une communication vocale constante pour leur survie – peut-être parce qu’ils sont pris en charge par les humains – pourraient être plus susceptibles de posséder la version longue du gène. Dans la nature, la vocalisation est cruciale pour la communication, le marquage territorial et la survie. Mais dans un foyer stable fourni par l’homme, la pression pour être constamment vocal pourrait diminuer, permettant à des variations comme le gène de type long de devenir plus courantes dans certaines populations.

« Ce résultat est en accord avec l’association entre le ronronnement et la communication vocale comme stratégies pour chercher de l’attention ou du soutien, bénéficiant à la survie grâce aux interactions avec les chats et les humains », explique l’équipe dans leur article publié.

Gros plan d'un chat crème aux yeux verts assis sur un poteau à griffer à l'intérieur.Gros plan d'un chat crème aux yeux verts assis sur un poteau à griffer à l'intérieur.

Cependant, le ronronnement n’est pas uniquement lié à la recherche d’attention ou de contentement. Les chats sont également connus pour ronronner lorsqu’ils sont blessés ou en détresse. Cela a amené certains scientifiques à suggérer que les vibrations de basse fréquence (environ 25 à 30 Hz) créées pendant le ronronnement pourraient avoir un avantage physique, agissant potentiellement même comme un mécanisme de guérison en favorisant la densité osseuse ou la réparation tissulaire.

Ajoutant une autre couche au mystère, des recherches antérieures ont montré comment les chats produisent physiquement le ronronnement : non pas par des contractions musculaires, mais via des coussinets souples à l’intérieur de leurs cordes vocales qui vibrent lorsque l’air y passe. Cela suggère que le mécanisme du ronronnement est en quelque sorte automatisé.

L’avenir de notre compréhension féline

Bien que cette nouvelle étude ne résolve pas définitivement l’intégralité de l’énigme du ronronnement, identifier un lien génétique est un pas en avant significatif. Elle fournit une base biologique concrète pour des recherches plus approfondies, offrant une voie potentielle pour comprendre comment cette vocalisation unique a évolué et ses différents rôles dans la vie d’un chat.

Comme le dit la chercheuse principale Yume Okamoto : « Grâce à nos recherches, nous espérons approfondir notre compréhension des chats et contribuer à bâtir des relations plus heureuses entre les chats et les humains. » En dénouant les instructions génétiques derrière le ronronnement, nous nous rapprochons de la compréhension véritable du langage et de l’histoire de nos compagnons félins bien-aimés.

Cette fascinante recherche a été publiée dans la revue PLOS One.